24.03.2007
Dérushage d'idées: "La couleur pourpre" de Spielberg
L’analyse socioculturelle des films est un exercice encore peu méconnu. Dans le cadre de « Dérushage d’idées », nous vous proposons ici une analyse contextualisée de La Couleur Pourpre , de Steven Spielberg, produite dans le cours de sociologie du cinéma de Licence de Geneviève Sellier.
La question de la représentation des Noirs américains dans The Color Purple de Steven Spielberg (1985)
Lorsque Steven Spielberg, cinéaste du système hollywoodien par excellence, décide de porter à l’écran The Color Purple, roman de « forme expérimentale » d’Alice Walker, un certain nombre de questions se posent. D’abord, le roman est imprégné de féminisme et traite des rapports de sexe violents entre hommes et femmes Noirs dans le Sud des Etats-Unis au début du XXème siècle. Cette thématique n’est pas vraiment le terrain de prédilection de Spielberg, cinéaste du spectaculaire dont le talent reconnu réside dans sa capacité à représenter les peurs et fantasmes collectifs de l’Amérique : Duel (1971), Close Encouters of the Third Kind (1977), Jaws (1975). Entre le goût de l’entertainement à la Spielberg et les préoccupations sociales de Walker, il y a apparemment un grand écart culturel (et industriel). Cependant, The Color Purple est une œuvre déjà reconnue par le système : Prix Pulitzer 1983 et Prix du roman américain. De plus, ses deux millions d’exemplaires vendus en font un attrait économique pour Hollywood. Le souhait de Walker était de diffuser son message au grand public qui n’a pas eut accès à son livre. Mais en confiant l’adaptation de son œuvre à Spielberg et à l’industrie hollywoodienne, Walker prend le risque de voir son message considérablement gommé par les exigences du spectaculaire et du consensuel.
13:00 Publié dans Dérushage d'idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Spielberg, Couleur pourpre, Color Purple
07.03.2007
J'ai revu l'autre jour... "Solaris" de Tarkovski
Solaris est une œuvre mythique, à juste titre considérée comme le summum de la science-fiction métaphysique, aux côtés de 2001 ; mais surtout : Solaris n’est pas un film de science-fiction. C’est un film de Tarkovski, et ça, c’est un genre en soi. La carrière du cinéaste russe, étalée sur vingt-cinq ans, est à la fois pauvre et riche : pauvre parce qu’elle ne compte que sept longs-métrages, riche parce que ces sept longs-métrages sont tous des chefs d’œuvres incontestés. Au sein de cette filmographie qu’on peut sans nul doute qualifier d’essentielle dans l’histoire du cinéma, Solaris occupe la troisième place, après L’Enfance d’Ivan qui donne dans le film de guerre, et Andrei Roublev qui est une grande fresque de la Russie médiévale. Ces genres, Tarkovski les a abordés magistralement, il s’en est approprié les codes, et y a insufflé un souffle étrange. Mais avec Solaris naît un genre nouveau : le film de Tarkovski.
17:57 Publié dans J'ai revu l'autre jour... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, Solaris, Tarkovski
Oscars 07: Scorsese sur un plateau
Oubliez Miami Vice, La jeune fille de l'eau, Les fils de l'homme, M:I 3 et quelques rares autres films américains qui auront marqué l'année 2006. Le meilleur film selon Hollywood est donc Les infiltrés, remake réussi mais un peu trop bien huilé d'Infernal Affairs. 4 gros Oscars. M
érité pour son montage. Pour le reste, à savoir meilleur film, réalisateur et scénario adapté, c'est en revanche plus discutable. Avouez tout de même que Scorsese sacré meilleur réal de l'année, ça en jette plus que Guillaume Canet...
La suite du palmarès n'a rien de bien surprenant, si ce n'est un éclectisme assez marqué. Trop de bons films ou pas assez d'oeuvres qui se détachent ? La petite cuisine des Oscars 07 est efficace mais un peu terne : prenez une louche de Little Miss Sunshine (2 oscars) et un zeste de Dreamgirls (2 oscars dont un pour Jennifer Hudson). Ajoutez une pincée de Marie-Antoinette (meilleurs costumes), Lettres d'Iwo Jima (meilleur montage son), Happy Feet (meilleur film d'animation), Pirates des Caraïbes 2 (meilleurs SFX), Une vérité qui dérange (meilleur doc) et Babel (meilleur musique). Laissez mariner dans un labyrinthe de Pan (3 oscars esthétiques). N'oubliez pas Une vie des autres (meilleur film étranger) et servez le tout à vos deux meilleurs hôtes historiques, Forest Whitaker (meilleur acteur pour Le dernier roi d'Ecosse) et Helen Mirren (meilleure actrice pour The Queen). Espérons que la recette de 2008 sera plus épicée.
Aurélien D.
17:55 Publié dans Curiosités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Oscar, palmarès













