29.04.2007

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Aurélien Dauge

 

10.04.2007

"Terrain d'entente" de Bobby et Peter Farrelly

medium_Terrain_d_entente.jpgPassé totalement inaperçu à sa sortie en salle fin 2005, le dernier film en date de Peter et Bobby Farrelly est pourtant un bon film de plus à mettre au crédit des plus grands inventeurs de formes de la comédie américaine contemporaine. Loin des excentricités jubilatoires de leurs débuts, la trajectoire des Farrelly tend désormais vers un ton plus réfléchi et des blagues moins nombreuses, sans pour autant les faire rentrer dans le rang des comédies sentimentales trop fades. Fever Pitch, Terrain d'entente en français, est au départ un livre anglais mettant au premier plan la passion d'un supporter de foot. Production américaine oblige, le ballon rond est devenu baseball, mais le principe reste le même: comment conjuguer vie de couple et passion sportive, surtout quand cette dernière flirte avec la folie ? Si ce jeu avec le couple n'est pas sans rappeler le récent La rupture de Peyton Reed, les frères Farrelly apportent un rythme, des gags et un ton légèrement acide qui hissent le film au dessus du lot. Quant à Drew Barrymore, elle signe peut-être ici sa prestation la plus marquante. Ne vous fiez pas à son affiche un peu kitsch, Terrain d'entente vaut bien plus.

Aurélien D.

08.04.2007

"Spider-man 2.1" de Sam Raimi

medium_Spider-man_2.1.jpgNi director's cut ni véritable version longue, Spider-man 2.1 (dispo depuis mardi pour 9 euros) est simplement une version légèrement allongée et peaufinée du chef d'oeuvre de Sam Raimi. A quelques jours de la sortie de Spider-man 3 (le 1er mai en France), il convient en effet de rappeler que le deuxième volet des aventures de l'homme araignée est sans doute l'un des plus grands blockbusters des années 2000, et la meilleure suite d'une adaptation de comics depuis Batman returns. Dans cette véritable tragédie grecque aux accents parfois comiques, Peter Parker doit choisir entre une vie d'éternel teenager "dawsonnien" (c'est-à-dire incapable de sortir avec celle qu'il aime) et une vie de super-héros à temps plein. Dilemme cornellien auquel le film rmedium_spider-man_3.jpgépond de façon admirable et parfois délibérément absurde, en s'interrogeant sur la représentation qu'ont les citoyens du héros et donc sur son ancrage dans la société. Dans cette nouvelle version, l'inoubliable scène de l'ascenceur est rallongée, ainsi que plusieurs morceaux de bravoures, dont l'éblouissante séquence du tramway. L'occasion de vérifier que la mise en scène de Sam Raimi allie avec brio précision et efficacité. De quoi saliver avant de déguster Spider-man 3, extrêmement prometteur, ne serait-ce qu'en regard de son affiche.

Aurélien D.

07.04.2007

J'ai revu l'autre jour... "World Trade Center" d'Oliver Stone

medium_World_Trade_Center.jpgTout le monde attendait le dernier film du réalisateur de JFK et de Nixon comme un pamphlet contre l'Amérique de Bush. World Trade Center, premier film de fiction à traiter explicitement de l'effondrement des deux tours, réussit le pari un peu fou de ne presque pas parler politique, ni même terrorisme. Oliver Stone filme le 11 septembre à hauteur humaine et privilégie l'étude des ondes de chocs émotionnelles engendrées par l'attentat au spectaculaire à outrance. Sur le plan esthétique, on était en droit d'attendre du réalisteur de Tueurs-nés une mise en scène et un montage particulièrement nerveux, dans la mouvance de Vol 93 de Paul Greengrass. Là encore le film surprend en allant à contre-courant de la représentation 'live" qu'on a de la tragédie. Stone propose aux spectateurs des images extrêmement léchées, peu de mouvements de caméra et impose à chaque plan une durée sensiblement plus longue que ce que le cinéma hollywoodien nous offre aujourd'hui. Mieux, il ose plonger le spectateur au fond des décombres, en compagnie de deux personnages prisonniers de l'amas de pierres. Pendant près de la moitié du film, nous sommes ainsi confrontés à une fixité du cadre et du récit, particulièrement radicale et singulière pour un film à gros budget. On pardonnera à Stone quelques envolées lyriques et héroïques un peu trop insistantes pour ne retenir de World Trade Center que l'audace de sa mise en scène et sa dimension profondément Historique.

Aurélien D.

06.04.2007

Avant goût... "Ocean's 13" de Steven Soderbergh

medium_Ocean_s_13.jpgQuelques chanceux le découvriront à Cannes tandis que tous les autres attendront sagement le 20 juin prochain et la fête du cinéma pour découvrir le troisième volet des aventures d'Ocean et des autres. Ocean's 13 ou l'assurance de passer 2h de cinéma pétillant. Nous serons comme d'habitude en compagnie du plus beau casting de la planète, le tout mis en scène par ce grand esthète qu'est Soderbergh. Après un deuxième volet réussi même si déconcertant par moment, ce nouvel épisode semble davantage s'inscrire dans la lignée du premier, pour notre plus grand plaisir. Un coup d'oeil à la dernière bande-annonce suffit à nous mettre en appétit...

05.04.2007

"Ensemble, c'est tout" de Claude Berri

medium_Ensemble_c_est_tout.jpgAdapté du best-seller éponyme d'Anna Gavalda, Ensemble, c'est tout est un film qui distille progressivement son charme. Rien d'exceptionnel non plus, mais un attachement aux personnages et une musique entraînante font que le récit ramassé en 90 minutes passe sans temps mort. Sur un tempo similaire à celui d'Une femme de ménage (2002), Claude Berri signe un film efficace porté par deux des comédiens français les plus populaires du moment : Audrey Tautou et surtout Guillaume Canet. Ils ne surprennent guère mais assurent dans leurs registres respectifs. Tout cela est un brin trop prévisible mais malgré tout distrayant, si tant est qu'on ne soit pas gêné par le côté bobo parisien du film. D'un point de vue sociologique il paraît évident que le livre de Gavalda a été écrit suite à la canicule de 2003 et aux nombreux discours sur la nécessité d'une aide accrue envers les personnes âgées. Le jeune rebelle par excellence (voir Canet au début du film) nous est montré comme un modèle de dévouement à sa grand-mère en convalescence. Et comme si ça ne suffisait pas, c'est la jeune "technicienne de surface" qui vit dans une grande (mais relative) misère, Tautou, qui vient le seconder. Ah, qu'elle est exemplaire la jeunesse française ! Et pendant ce temps là, le jeune bourgeois brillamment campé par Laurent Stocker perfectionne son élocution et se rend au Cours Florent. Qu'on se rassure, tout le monde réussit sa vie à la fin. "Ensemble, c'est tout", slogan politique ?

Aurélien D.

04.04.2007

"Hellphone" de James Huth

medium_Hellphone.jpgBrice de Nice, précédent film de James Huth, demeure à ce jour la seule tentative réussie d'adaptation de l'humour des frères Farelly à la production française. Avec Hellphone, le réalisateur de Serial Lover tente de remettre au goût du jour les mythiques productions Spielberg des années 80, Retour vers le futur en tête. L'entreprise mérite le détour, tant les incursions du cinéma français dans le registre du film fantastique pour ado sont extraordinairement rares pour être soulignées. Malheureusement, après un début prometteur et une peinture pour le moins originale de Paris et du fameux Lycée Henry IV, le film peine à trouver un second souffle lorsqu'il vire au slasher. Néanmoins, aucun film n'avait jusqu'alors su capter avec autant de virtuosité cette sorte "d'ado-attidude" des années 2000. Cet ancrage sociologique dans une époque et un milieu précis confère au film un charme certain qui pourrait faire de lui un objet aux contours cultes pour bon nombre de pré-ados d'aujourd'hui.

Aurélien D.

"Die Hard 4" se dévoile un peu plus !

medium_Die_Hard_4.jpgDie Hard 4.0, sobrement intitulé en français Retour en enfer (on rappellera que le sous-titre US est "Live free or die hard") sera visible un peu partout dans le monde la 4 juillet prochain. En attendant, une nouvelle bande-annonce sous-titrée en français vient d'être dévoilée. Soyons honnêtes: l'envie d'en voir plus est bien là, même si l'ensemble peine encore à s'inscrire dans la lignée des précédents volets de la série...

A.D

Ajout: un autre teaser vient d'arriver sur youtube. Comme dans les bande-annonces définitives des trois précédents opus, on y entend L'hymne à la joie, cette fois remixé façon rock. De toute évidence ce 4ème volet des aventures de McClane sera dans la lignée du deuxième, c'est-à-dire un bon film d'action spectaculaire, sans innovation majeure. Jugez-en par vous-même:

 

02.04.2007

J'ai revu l'autre jour..."A scanner darkly" de Richard Linklater

medium_A_scanner_darkly.jpgAdapté du roman éponyme de Philip K. Dick, A scanner darkly fut mal distribué au moment de sa sortie en salle. Le DVD désormais dispo un peu partout permet de revoir ce qui demeure sans conteste l'une des entreprises cinématographiques les plus intrigantes de l'an passé. Produit par George Clooney et Soderbergh, réalisé par Richard Linklater et interprété notamment par Keanu Reeves, Winona Ryder, Woody Harrelson et Robert Downey Jr., A scanner darkly surprend par son esthétique à base de rotoscopie connue des gamers depuis un certain temps (depuis Jet set radio, je crois). A mi-chemin entre le film live et le délire animé, A scanner darkly se montre particulièrement intéressant dans les rares scènes de schyzophrénie profonde, lorsque le perso de Keanu Reeves, vêtu d'une combinaison qui lui permet de brouiller son apparence physique, se voit contraint de s'observer vivre dans une sorte de loft télévisuel passé sous acide. Cette piste est malheureusement peu exploitée dans la suite du film, dont la fin paraît un peu trop expéditive. En dépit de ses faiblesses, A scanner darkly, présenté à Cannes et à Deauville l'an passé, est un objet si intrigant qu'il mérite d'être (re)découvert.

NB: le film n'est visible, même sur le DVD, qu'en VO sous-titrée.

Aurélien D. 

"J'attends quelqu'un" de Jérôme Bonnell

medium_J_attends_quelqu_un.jpgTroisième film de Jérôme Bonnell, J'attends quelqu'un confirme les espoirs placés dans le jeune réalisateur du Chignon d'Olga et des Yeux clairs. Sens du cadre, intelligence de la mise en scène et du scénario, J'attends quelqu'un se distingue à tous les niveaux du reste de la production hexagonale. Qu'il est agréable de voir un film français "intimiste" qui parvient à allier subtilité et profondeur des sentiments avec un réel sens de la légèreté. Contrairement à bon nombre de films "choral" sortis ces derniers temps, J'attends quelqu'un privilégie le non-dit au dialogue ou la voix-off. Tout passe par l'image et le montage. A l'inverse des fils de la nouvelle vague, Bonnell a le Chaplin des Lumières de la ville et du Cirque en modèle principal, et ce depuis Le chignon d'Olga. Loin de tous les (télé)films façon Je vais bien, ne t'en fais pas et des navets-polars du début d'année (Pars vite et reviens tard...), J'attends quelqu'un redonne envie d'aimer le cinéma français. Depuis Changement d'adresse d'Emmanuel Mouret l'an passé, on n'avait rien vu d'aussi emballant.

Aurélien D.

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