05.04.2007

"Ensemble, c'est tout" de Claude Berri

medium_Ensemble_c_est_tout.jpgAdapté du best-seller éponyme d'Anna Gavalda, Ensemble, c'est tout est un film qui distille progressivement son charme. Rien d'exceptionnel non plus, mais un attachement aux personnages et une musique entraînante font que le récit ramassé en 90 minutes passe sans temps mort. Sur un tempo similaire à celui d'Une femme de ménage (2002), Claude Berri signe un film efficace porté par deux des comédiens français les plus populaires du moment : Audrey Tautou et surtout Guillaume Canet. Ils ne surprennent guère mais assurent dans leurs registres respectifs. Tout cela est un brin trop prévisible mais malgré tout distrayant, si tant est qu'on ne soit pas gêné par le côté bobo parisien du film. D'un point de vue sociologique il paraît évident que le livre de Gavalda a été écrit suite à la canicule de 2003 et aux nombreux discours sur la nécessité d'une aide accrue envers les personnes âgées. Le jeune rebelle par excellence (voir Canet au début du film) nous est montré comme un modèle de dévouement à sa grand-mère en convalescence. Et comme si ça ne suffisait pas, c'est la jeune "technicienne de surface" qui vit dans une grande (mais relative) misère, Tautou, qui vient le seconder. Ah, qu'elle est exemplaire la jeunesse française ! Et pendant ce temps là, le jeune bourgeois brillamment campé par Laurent Stocker perfectionne son élocution et se rend au Cours Florent. Qu'on se rassure, tout le monde réussit sa vie à la fin. "Ensemble, c'est tout", slogan politique ?

Aurélien D.

04.04.2007

"Hellphone" de James Huth

medium_Hellphone.jpgBrice de Nice, précédent film de James Huth, demeure à ce jour la seule tentative réussie d'adaptation de l'humour des frères Farelly à la production française. Avec Hellphone, le réalisateur de Serial Lover tente de remettre au goût du jour les mythiques productions Spielberg des années 80, Retour vers le futur en tête. L'entreprise mérite le détour, tant les incursions du cinéma français dans le registre du film fantastique pour ado sont extraordinairement rares pour être soulignées. Malheureusement, après un début prometteur et une peinture pour le moins originale de Paris et du fameux Lycée Henry IV, le film peine à trouver un second souffle lorsqu'il vire au slasher. Néanmoins, aucun film n'avait jusqu'alors su capter avec autant de virtuosité cette sorte "d'ado-attidude" des années 2000. Cet ancrage sociologique dans une époque et un milieu précis confère au film un charme certain qui pourrait faire de lui un objet aux contours cultes pour bon nombre de pré-ados d'aujourd'hui.

Aurélien D.

02.04.2007

"J'attends quelqu'un" de Jérôme Bonnell

medium_J_attends_quelqu_un.jpgTroisième film de Jérôme Bonnell, J'attends quelqu'un confirme les espoirs placés dans le jeune réalisateur du Chignon d'Olga et des Yeux clairs. Sens du cadre, intelligence de la mise en scène et du scénario, J'attends quelqu'un se distingue à tous les niveaux du reste de la production hexagonale. Qu'il est agréable de voir un film français "intimiste" qui parvient à allier subtilité et profondeur des sentiments avec un réel sens de la légèreté. Contrairement à bon nombre de films "choral" sortis ces derniers temps, J'attends quelqu'un privilégie le non-dit au dialogue ou la voix-off. Tout passe par l'image et le montage. A l'inverse des fils de la nouvelle vague, Bonnell a le Chaplin des Lumières de la ville et du Cirque en modèle principal, et ce depuis Le chignon d'Olga. Loin de tous les (télé)films façon Je vais bien, ne t'en fais pas et des navets-polars du début d'année (Pars vite et reviens tard...), J'attends quelqu'un redonne envie d'aimer le cinéma français. Depuis Changement d'adresse d'Emmanuel Mouret l'an passé, on n'avait rien vu d'aussi emballant.

Aurélien D.

21.02.2007

Instant critique: "La nuit au musée" de Shawn Levy

medium_La_nuit_au_musee.jpgL’indien du placard (95), Toy Story (96), Jumanji (96), Small Soldiers (98). Dix ans plus tard, La nuit au musée vient s’inscrire dans la lignée de ces quatre films qui ont en commun de faire vivre des jouets ou de créer un pont ludique entre des animaux et/ou des personnages a priori artificiels, et des humains. Shawn Levy (La panthère rose, sic.) n’ayant ni le brio artistique d’un Joe Dante ni l’intelligence d’un John Lasseter, c’est plutôt du côté  Joe Johnston ou de Frank Oz, réalisateurs respectifs de Jumanji et de L’indien du placard, que vient difficilement se placer cette nuit au muséum d’Histoire naturelle de New York, durant laquelle tous les personnages en cire et autres vitrines historiques prennent vie pour cohabiter dans un joyeux cirque. Spectateur impuissant de ces rencontres anachroniques entres des Huns, un T-rex squelettique, des légionnaires romains, Théodore Roosevelt, Christophe Colomb, l’homme de Néanderthal, des indiens et des lions, Ben Stiller incarne un gardien de nuit qui cherche simplement à reconquérir l’admiration de son fils. C’est probablement sur ce point que le film ne fonctionne pas. Là où nous aurions aimé épouser le point de vue de ces êtres de cire ou de plomb soudainement animés, La nuit au musée ne nous les présente qu’en arrière plan. Trois tours de manège et puis plus rien, si ce n’est une reconstruction du lien père-fils. On préfèrera oublier la pseudo histoire policière avec les trois anciens veilleurs de nuit à la retraite. Elle n’est là que pour regonfler en apparence un scénario qui ne va jamais plus loin que son concept initial. Présenter un musée comme une boîte de nuit géante pour suggérer que l’Histoire est vivante et intéressante aux yeux des enfants et de leurs parents, voilà ce que cherche à nous montrer cette production Chris Columbus, filmée par un mauvais tâcheron. Un film pour cancres, en somme.

 

Aurélien D.

11.02.2007

"12h08 à l'Est de Bucarest" de Corneliu Porumboiu

medium_12h08_a_l_Est_de_Bucarest.jpgLa pratique quasi-systématique par les distributeurs français de réintituler les films venus d’Europe de l’est est symptomatique de la nouveauté que constituent dans le champ du cinéma d’auteur une génération de cinéastes marqués par la fin récente des régimes totalitaires. La formule est simple : le film est-il bosniaque ? On mettra « Sarajevo » dans le titre pour l’identifier clairement comme tel (Sarajevo mon Amour, ours d’or à Berlin en 2006). Est-il roumain ? Et vlan ! On case « Bucarest » (ce 12h08 à l’est de Bucarest, caméra d’or de la dernière session cannoise). Bien entendu, aucun rapport avec les titres originaux, mais ce phénomène traduit bien la peine qu’a à émerger dans un paysage cinéphilique comme le nôtre un cinéma issu de nations voisines mal connues du public ; aussi on se raccroche aux rares phonèmes connotant quelque chose de familier dans les grilles des programmes de cinémas art et essai. On ne pourra pas en vouloir aux distributeurs, c’est là un acte louable de donner la plus grande visibilité possible à ce cinéma spectaculairement primé qu’il faut encourager, mais c’est hélas révélateur de l’indifférence courante de l’opinion publique pour ces pays oubliés ou considérés comme quantité négligeable. Voilà six semaines que la Bulgarie et la Roumanie sont entrées dans l’UE, et la plupart des gens à qui j’en parle peinent à les situer sur une carte.

Le film de Corneliu Porumboiu ne leur donnera certes pas envie d’aller visiter l’un des deux nouveaux membres de l’Union : l’image de la Roumanie y est ici grisâtre, assez déprimante, et pour dire le vrai pas très éloignée de la réalité ; mais le scénario et la réalisation témoignent d’une lucidité et d’un humour rares. Le film raille ses personnages, mais c’est avec un esprit et un pince-sans-rire assez inédits au cinéma, et qui en ce sens exposent clairement ce que peut être la philosophie ordinaire des Roumains, et leur distance critique faite d’ironie et d’humour à froid (mais ô combien efficace !). Le réalisateur, au fond, se livre presque à l’entreprise des Lettres persanes version roumaine et, littéralement, en huis-clos : la seconde moitié du film, la meilleure, tient dans un principe simple et tenu au long court. Une émission télévisée cheap et en direct (qui dans son parti pris même, rappelle le cœur d’A Bout de Souffle dans la chambre à coucher ou le dernier tiers du Guépard, au bal), dans laquelle trois personnages se demandent si, en 1989, il y a eu une révolution dans leur pays, constitue le miroir de poche dans lequel la mauvaise foi et l’orgueil mal placé des Roumains se reflète humoristiquement. Porumboiu réussit le pari de rendre captivante, du début à la fin, cette très longue séquence, et de la rythmer de gags absurdes véritablement hilarants. Le choix de la petite télévision de province, aux moyens indigents et aux ambitions décalées fait, assurément, de ce film, un petit bijou où pointe quelque chose d’exemplaire.

Rodolphe B.

09.02.2007

"La vie des autres" de Florian Henckel von Donnersmark

medium_la_vie_des_autres.jpgL'espion qui m'aimait...

1984 en Allemagne de l’Est… Le bloc communiste avance inexorablement vers son effondrement mais l’appareil totalitaire de la RDA est loin d’être moribond. La Stasi épit les faits et gestes des « camarades » pouvant représenter un danger potentiel pour la pérennité de l’Etat et les écoutes et autres systèmes d’espionnages sont légions. C’est dans ce contexte pour le moins austère que le dramaturge à succès Georges Dreyman et son épouse vont se retrouver observés par un agent secret qui va rapidement s’attacher au couple. Retour sur l’un des plus gros succès allemand de 2006.

La vie des autres aurait pu s’effondrer dans un manichéisme et une vacuité qui lui auraient été fatals. Le film aurait pu sombrer dans une condamnation du socialisme démocratique que la distance historique ne prend pas de risque à affirmer ; il aurait pu faire fi de velléités dramatiques au profit d’une unique dimension historique ; il aurait tout simplement pu se figer devant une Histoire trop récente pour ne plus être douloureuse. Il aurait pu…

Bien au contraire, la force du film d’Henckel von Donnersmark est de contourner tous ces problèmes sans les éluder. En optant pour cette histoire d’espion qui tombe littéralement amoureux du couple qu’il doit observer, le cinéaste réussi à se servir de l’Histoire de son pays pour raconter une fiction des plus passionnantes. Certes, le film n’évite pas certains écueils et la remise en cause des idéaux de l’officier à travers l’art (la littérature et Bertolt Brecht en tête) peut paraître facile. Néanmoins, c’est bien cette évolution de Gerd Wiesler qui va peu à peu donner au film tout son poids. Devenant une sorte de marionnette au dessus du couple d’artiste, l’espion allemand va rapidement réécrire les rapports qu’il doit rendre à sa hiérarchie en y éludant les éléments les plus compromettants et de ce fait va commencer à se créer sa propre histoire, devenant une sorte de scénariste de la vie quotidienne.

A la fois témoignage historique convaincant et fiction bien ficelée, La vie des autres se laisse découvrir avec un plaisir certain. Pas parfait mais suffisamment convaincant pour aller encourager les distributeurs à s’engouffrer dans une cinématographie encore trop peu visible en nos contrées.

Guillaume P L

06.02.2007

Instant critique: "Les climats" de Nuri Bilge Ceylan

medium_Les_climats.jpgZoom sur le trajet d'une noisette

L'homme surprit son ancien amour alors qu'elle entrait chez elle. Plus tard, l'homme la fit rire. A demi allongée sur un canapé à quelques mètres de lui, elle rit longtemps. L'homme fit voltiger une noisette qu'il engloutit et fit craquer sous ses dents. Il envoya une noisette à la femme qu'elle croqua bruyamment à son tour. Puis il en envoya une deuxième qu'elle manqua et qui se retrouva à ses pieds. L'homme s'approcha, prit la noisette, s'assit sur le canapé, la nettoya, puis chercha à lui faire avaler. La femme se débattit. La noisette se retrouva catapultée dans un coin de la pièce. Ils s'arrachèrent des cheveux, se déchirèrent les vêtements, se traînèrent sur le parquet avec passion. Le couple se laissa glisser et parvint à l'endroit où la noisette avait atterri. L'homme prit la noisette et lui fit avaler de force. Ils s'aimèrent.

Cette scène est une des formidables scènes du dernier et extraordinaire film de Nuri Bilge Ceylan, remarqué dernièrement avec son sublime Uzak. On m'excusera cette accumulation de superlatifs faciles mais elle semble nécessaire. Les climats parvient à un degré de maîtrise, d'intensité et d'intelligence telle qu'il est de mon devoir d'en faire part. Outre la beauté du film, ses panoramas ébourrifants, ses visages bouleversants, on est ébahi par la tension continue qu'il distille et qu'on n'est pas toujours en droit d'attendre de ce genre de films. Preuve qu’au cinéma, rythme n’est pas incompatible avec contemplation.

Les Climats revient à une primitivité enchanteresse du cinéma, en la parant de fraîcheur et d'intensité. La longueur des plans n'est jamais gratuite : de là naît une magie du banal, une immersion du sacré dans le pratiquement rien. On est ébloui d'une larme, d'un mot, d'un battement de cils. Le moindre détail prend ainsi le pouvoir, nous rappellant qu'au cinéma tout fait sens et qu'il n'est pas toujours besoin de grosses explosions pour retenir notre attention. La scène décrite plus haut en témoigne : Nuri Bilge Ceylan investit le trajet d'une noisette pour donner forme à l'action. Quoi de plus anecdotique en apparence, mais ici quoi de plus enchanteur et jubilatoire.

Il convient de cesser une fois pour toutes de se crisper hâtivement dès que surgit un film contemporain oriental sur nos écrans (on rangera la cinématographie turque dans cette catégorie, plus proche du cinéma arabe que du cinéma européen, s'il en existe un…). Les Climats n’est pas un film « chiant » (la censure autorise-t-elle ce terme ?). C’est un autre rapport au spectacle que Nuri Bilge Ceylan nous propose (le tournage en HD crée à cet égard de nouveaux mécanismes de perception). Pour peu qu’on se laisse pénétrer et envahir par sa musique fluette, on en ressort comme d’une transe, léger, heureux peut-être, étrangement apaisé.

Matthias B.

04.02.2007

instant critique: "Inland Empire" de David Lynch

medium_Inland_Empire.jpgLa chute de l'Inland Empire 

Certains ont d’ores et déjà crié au chef d’œuvre, et nul doute que la sortie officielle de Inland Empire va susciter de pareils débordements d’enthousiasme dans la critique ; d’autres ressortiront de la projection du nouvel opus de David Lynch sceptiques, voire carrément blasés. On avait dit : « attendez-vous à tout à fait autre chose que Mulholland Drive. Jamais David Lynch n’était allé aussi loin dans l’expérimentation. » C’est faux. D’abord, Inland Empire doit beaucoup au dernier opus de son réalisateur, et à ses derniers films tout court ; ensuite Lynch a débuté sa carrière sur un film radicalement expérimental (et à ce jour inégalé), Eraserhead, et de ce point de vue le cinéaste revient à ses premières amours plutôt qu’effectuer un virage clé dans son œuvre.  Ceux qui connaissent bien la filmographie de Lynch reconnaîtront ici, au contraire, ses thèmes et formes fétiches : confusions de l’identité, de l’espace et du temps, le désir pour une femme « interdite », l’angoisse américaine moderne, etc.

En réalité, on est plus ici devant un commentaire gratuitement labyrinthique de Mulholland Drive que devant une œuvre qui se tient en soi. Inland Empire complexifie Mulholland Drive et se complexifie lui-même, mais à quoi bon ? Bien que n’ayant pas compris grand’ chose, en 2001, au sortir de la projection du précédent Lynch, j’avais été impressionné, touché, ému par ce film ; j’étais d’autant plus tourneboulé que je sentais bien que le sens et le fond du film m’avaient échappé, et que je n’en avais saisi que les « remous de surface » formels. Ici, le film ne fait pas sens, l’avalanche des provocations formelles est gratuite ; Inland Empire se veut explicitement une mosaïque d’impressions dont la seule logique défendable serait celle du surréalisme. Mais voilà : David Lynch sacrifie l’émotion à l'effet ; il use et abuse durant trois heures de ses sempiternels procédés de lumière, du musique et de bruitage sans qu’un véritable support scénaristique ne les justifie. Or, à mes yeux, les effets de Lynch ne peuvent être efficaces que s’ils sont exploités sur une trame fictionnelle qui tienne un tant soit peu la route,  les moments de suspense et d’horreur, que s’ils s’appuient sur une identification du spectateur au personnage, laquelle implique par conséquent un travail important sur ces derniers (ce qui a clairement été passé à la trappe ici). Les personnages d’Inland Empire sont à peine esquissés, ils sont uniquement des supports creux aux expérimentations formalistes d’un réalisateur enivré par son propre jeu. L’incessante nappe sonore stressante qui couvre le film lasse au bout d’un moment, plus qu’elle n’angoisse (comme du reste tous les amusements surprenants terrorisants que Lynch use jusqu’à la lie, et qui au bout de trois heures sont prévisibles à des kilomètres). L’emploi par Lynch d’une image numérique plutôt moche, garante selon son opinion de l’avenir du cinéma, jette un peu plus volontairement le trouble sur un égarement cinématographique voulu comme profondément moderne (et néanmoins affranchi de toute mode), mais vécu comme singulièrement vain.

Unique aspect véritablement intéressant (même si minoritaire) : une critique cruelle et pertinente de la télévision, dénoncée pour sa vacuité et sa dépendance aux goûts les plus bas des spectateurs.

Rodolphe B.

27.01.2007

"Pars vite et reviens tard" de Régis Wargnier

medium_Pars_vite_et_reviens_tard.jpgLe cinéma français malade de la peste ? 

 

Le Serpent et Truands nous en disaient déjà long sur l’état de délabrement du cinéma français de genre. C’est avec effarement que nous avons découvert Pars vite et reviens tard, la dernière oeuvre de Régis Wargnier, atteinte des mêmes symptômes.

 

Tiré du roman intelligent et percutant de Fred Vargas, le film n’en possède aucune des subtilités. Une adaptation bavarde et molle. Une mise en scène teintée d’absence. Aucun point de vue. Des effets stylistiques grossiers. Un travail sur le cadre inexistant lui aussi. Une bande originale putride. Une direction d’acteurs indigeste. José Garcia s’embourbe. Lucas Belvaux se noie. Rien, absolument rien ne paraît crédible. Ce qui a déjà été vu a hélas déjà été digéré aussi. Tout juste si Le Belphégor de Jean-Paul Salomé ne fait pas une apparition. Rance. Nauséabond. Les mots manquent. Même celui de navet semble indulgent. De qui Wargnier se moque-t-il ? A l’image des puces qui déciment les victimes les unes après les autres dans le film, le cinéma français de genre procure en ce début d’année 2007 des démangeaisons violentes, suivies d’effets secondaires indésirables : bâillements, picotements, bougeotte, ricanements nerveux. La réaction est brutale et sans appel. Aucun traitement pour le moment. La tentation de se jeter dans le McDo le plus proche est inévitable. Hélas, la thérapie Big Mac n’a rien donné non plus. Tristesse. Tristesse. Tristesse.

 

3 chroniqueurs énervés et masqués

24.01.2007

Instant critique: "Cashback" de Sean Ellis

 A la fois tapmedium_18701472.jpge-à-l'oeil, potache et par moments ambitieux, le premier long métrage de Sean Ellis, Cashback, se regarde sans déplaisir mais sans vraiment convaincre non plus. La faute, peut-être, à une fausse bonne idée relativement répandue dans le cinéma contemporain: faire d'un court-métrage un long. La particularité est qu'ici le court-métrage éponyme, daté de 2004 et primé un peu partout, figure presque en l'état au sein du long-métrage. Il en constitue même la partie la plus mémorable, le reste n'étant qu'une comédie sentimentale laborieuse au parfum de déjà vu. Un air de Garden State à la sauce british, la retenue de Zach Braff en moins.

Pour vous faire une idée du film ou en complément de la projection, nous vous proposons de (re)voir l'intégralité du court-métrage d'origine en VO sous-titrée (durée: 18 min).

Aurélien D.

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